Affiche du documentaire Joseph Zobel : mémoires de famille, KIFF 2026

Joseph Zobel, l'enfant de La Rue Cases-Nègres

Un film de Inès Sabatier, Inès Blasco et Fabrice Gardel · Martinique · 2025 · documentaire · 55′

Production : Auxyma Diffusion

Ce film retrace l’histoire de Joseph Zobel, écrivain et artiste antillais mondialement connu grâce à son roman autobiographique La Rue Cases-Nègres. Il relate son enfance dans une Martinique coloniale et post-esclavagiste, une réalité qui n’avait jusque-là jamais été racontée. Ce roman, véritable révolution, a plus tard été adapté au cinéma par la réalisatrice martiniquaise Euzhan Palcy, dans un film plusieurs fois primé.

Ayant grandi dans la misère et la violence raciale, Joseph Zobel parvient à sortir de sa condition grâce à la détermination de sa grand-mère à l’inscrire à l’école, où il découvre la littérature.

Ses rêves d’enfant, auxquels il n’a jamais renoncé malgré sa condition sociale, le mènent à s’exiler dans l’Hexagone pour devenir progressivement un artiste accompli, évoluant auprès de figures de la Négritude comme Aimé Césaire et Léopold Sédar Senghor. Joseph Zobel est un homme qui ne s’est jamais rien interdit. Il est ainsi également devenu poète, sculpteur et peintre.

En s’appuyant sur les témoignages de sa famille et sur des archives privées inédites, Inès Sabatier, son arrière-petite-fille, part sur les traces de son aïeul, de la Martinique aux Cévennes en passant par Paris.
C’est une plongée dans le parcours exceptionnel de cet homme qui s’est forgé un destin hors norme, envers et contre tout.

Réalisatrice

Inès Sabatier

Inès Sabatier est journaliste et réalisatrice pour Auxyma. Elle a suivi ses études à Sciences Po et obtenu son master en journalisme en 2022.

Elle est coréalisatrice d’un documentaire France 5 sur les huiles végétales et a collaboré au documentaire Planète+  Homosexualité : la fin du placard .

Née à Fort-de-France, elle est l’arrière-petite-fille du romancier et poète Joseph Zobel, qu’elle a connu jusqu’à l’âge de six ans. Profondément marquée par cette figure familiale et artistique, elle collecte tout au long de son adolescence et de ses études des informations sur l’histoire de Joseph Zobel et commence à tourner un pilote de documentaire sur La Rue Cases-Nègres en 2021 en Martinique.

ENTRETIEN

Trois questions à Inès Sabatier

Quels sont vos liens avec Joseph Zobel et comment avez-vous eu l’idée de réaliser ce film ?

Joseph était mon arrière-grand-père. Je l’ai connu jusqu’à l’âge de six ans. Dans ma famille, c’est un personnage central, tout le monde parle de lui. Quand chaque enfant est en âge de lire un roman, on lui fait lire La Rue Cases-Nègres. Ce livre est comme une sorte de talisman pour chacun de nous

J’ai toujours été reconnaissante d’être la descendante d’un homme qui a traversé tant d’épreuves pour réaliser ses rêves, mettre en lumière son peuple à travers la littérature.
Alors, quand j’ai compris que ce que je voulais faire dans la vie, c’était raconter des histoires, j’ai tout de suite pensé à Joseph. L’histoire qui me tenait le plus à cœur, celle que je voulais le plus partager, c’était la sienne. Depuis l’adolescence, je porte ce projet au fond de moi. Grâce à ma rencontre avec Auxyma, Inès et Fabrice, j’ai enfin pu le réaliser.

Quel est votre souvenir le plus marquant avec Joseph Zobel ?

Mon arrière-grand-père n’était pas qu’écrivain, il était passionné par tous les arts : il peignait, il sculptait, il écrivait des poèmes. Je me souviens que malgré son grand âge, il savait se mettre à mon niveau d’enfant et me partager son goût pour le dessin. Il me faisait asseoir pendant de longues minutes sur un tabouret pour me tirer le portrait, je trépignais un peu mais au moment de découvrir l’œuvre j’étais sacrément fière.

Aujourd’hui ces dessins de moi ont été perdus. Ce film est aussi pour moi une façon de les retrouver, métaphoriquement, en collectant les traces du passé.

Pourquoi est-il important de mettre en avant des personnages comme lui aujourd’hui ?

J’ai l’impression que Joseph n’est pas reconnu à sa juste valeur dans le monde de la littérature caribéenne. Même s’il ne se réclamait pas du mouvement de la Négritude, il a apporté sa pierre à cet édifice. Ses écrits sont précurseurs. Le choix d’écrire à hauteur d’homme, en partie en langue créole, de narrer la vie des ouvriers, des pêcheurs, des lingères et bien d’autres encore. C’était unique à l’époque, personne avant lui n’avait raconté de façon aussi détaillée le quotidien des Martiniquais pauvres dans ce contexte colonial post-esclavagiste.

Par ailleurs, dans un monde où les identités plurielles ne sont pas toujours comprises, je pense qu’il est essentiel de partager des trajectoires de personnes noires fières de ce qu’elles sont et prêtes à tout pour imposer leur marque dans l’Histoire. Mon arrière-grand-père a consacré sa vie à mettre en valeur les siens, pour autant il était curieux de tout, fasciné par les cultures du monde. Aller jusqu’au Japon pour devenir maître en art floral, c’est tout de même extraordinaire pour un homme né dans une rue cases-nègres au début du siècle, à qui on avait dit qu’il ne réussirait jamais à sortir des plantations de canne.

ENTRETIEN EXTRAIT DU DOSSIER DE PRESSE DU FILM · AUXYMA

Bande-annonce du film

Ne manquez pas la projection de ce film au KIFF, du 25 au 27 septembre à Paris

25 → 27 sept 2026 · Pari

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