Un film de Mark Sylver Junsunn Lo · Martinique · Guadeloupe · 2023 · fiction · Drame fantastique · 30′
LE CIMETIÈRE MARIN
Vo : français et créole martiniquais sous-titré français
Production : Red Rizom Prod
Un médecin, incapable de faire le deuil de sa fille emportée par une épidémie qui décime la population de l’île, refuse qu’on l’enterre comme un animal.
Animé par un désir de vengeance, il décide de lui offrir une sépulture digne d’un être humain et affronte tous les obstacles. Il endosse ainsi la condition humaine dans son intégralité, jusqu’au plus profond du désespoir. Mais c’est précisément dans ce désespoir absolu qu’il trouve enfin le salut.
Réalisateur
Mark Sylver Junsunn Lo est un concepteur artistique pluridisciplinaire guadeloupéen, à la fois producteur, réalisateur, infographiste, illustrateur et plasticien. Il est diplômé de l’académie des Beaux-Arts et de l’École de l’image des Gobelins, à Paris.
Sa démarche cherche à faire émerger un cinéma identitaire dans lequel l’esthétique du politico-poétique et du réalisme merveilleux se combine au genre fantastique. Il puise dans les cultures animistes ancestrales et dans la singularité historique amérindienne et africaine.
Note
En 2019, le projet devait être un film d’anticipation empruntant aux codes du fantastique. Mark Sylver Junsunn Lo imaginait un pays à l’agonie, miné par une épidémie, métaphore du marasme économique, social et politique de la Martinique. Une fiction dans laquelle peu auraient accepté de reconnaître le pays à venir.
C’était compter sans la capacité du réel à dépasser la fiction. La covid. L’empoisonnement du pays par le chlordécone, de plus en plus difficile à nier. L’explosion des cas de cancer dans le monde agricole. La protestation des activistes contre un déni de justice qui dure depuis quinze ans. Le déboulonnage des statues imposant un récit national indifférent à la contribution des vaincus à leur propre libération. L’insoumission d’un peuple refusant les injonctions sanitaires d’un État jugé hors sol.
Ce réel s’est invité dans l’écriture et en a modifié l’intention. Le scénario s’est ajusté au jour le jour aux propositions du réel lui-même, pour concevoir une fiction au plus près de l’Histoire en train de s’écrire.
Le film garde la poésie du projet initial : les métaphores du cimetière marin empruntées à Paul Valéry, une voix off portant la parole de Birago Diop sur l’éternité de l’esprit, des paysages marins dévastés de soleil. Un film lyrique en même temps qu’un film témoignage.
Un film qui accepte de penser.
EXTRAIT tiré DU DOSSIER DE PRESSE DU FILM
Bande-annonce du film
Ne manquez pas la projection de ce film au KIFF, du 25 au 27 septembre à Paris
25 → 27 sept 2026 · Pari